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Jumat, 07 Februari 2020

La première traversée du Sahara en autochenille: Sur les pistes de Tombouctou

Category: Livres,Tourisme et voyages,Récits de voyages

La première traversée du Sahara en autochenille: Sur les pistes de Tombouctou Details

À cette époque on peut traverser le Sahara à dos de chameau de Touggourt à Tombouctou, mais il faut compter six mois pour effectuer le voyage, dont le parcours est semé de dangers. En 1911, "l'aérosable", invention du commandant La Fargue qui permet de rouler et de survoler à basse altitude les dunes, est utilisé pour une mission scientifique dans le nord algérien. Cette expérience sera suivie par la mission Saoura-Tidikelt en 1919, expédition à caractère militaire accomplie sur un circuit englobant les postes du sud algérien entre Colomb-Béchar, In-Salah et Alger. Sept automobiles qui restent en liaison avec trois avions Farman, parcourent ainsi 2 800 km à travers le Grand Erg occidental, franchissant le massif de l'Ahnet : Tombouctou n'est plus désormais qu'à 800 km. Après la mort tragique du Général Laperrine dans le Tanezrouft, l'armée française renonce aux expéditions transsahariennes. C'est alors que André Citroën décide de relever le défi, envisage la traversée du Sahara au moyen "d'engins nouveaux, résistants, économiques et rapides". En janvier 1921, un service spécial est créé chez Citroën pour préparer la traversée de Touggourt à Tombouctou. La mission sera réalisée à bord de véhicules munis de chenilles Kégresse sous le double commandement de Georges-Marie Haardt et Louis Audouin-Dubreuil. Ariane Audouin-Dubreuil, fille du commandant de la mission, nous livre le récit passionnant de la Première traversée du Sahara en automobile, depuis les premiers essais en 1921, les missions de reconnaissance et de ravitaillement de Kidal à Tin-Zaouaten au nord du Soudan, jusqu'à l'accomplissement réussi de l'expédition en 1923 lorsque les autochenilles Citroën franchissent le Tidikelt, le Mouydir, les gorges de l'Arak, le Hoggar, le Tanezrouft et le désert soudanais avant de rallier Tombouctou sur les rives du fleuve Niger, vingt jours seulement après le départ de Touggourt. L'auteur restitue dans toute sa réalité cette épopée saharienne grâce aux archives inédites léguées par son père. Elle évoque les conditions extrêmes de l'expédition, les passages rendus dangereux par la présence dans certains secteurs de rezzi marocains et libyens, ainsi que les buts précis de la mission : établir une liaison nord-sud entre l'Algérie et l'Afrique occidentale en créant une piste automobile, étudier une route aérienne avec des postes d'escale et des terrains d'atterrissage, tracer une route pour un chemin de fer transsaharien, rendre compte des conditions de vie des peuples du désert.

Reviews

C'est la fille de Louis Audouin-Dubreuil (1887-1960) qui nous apporte ici une documentation précieuse et souvent inédite, puisée dans les archives de son père. A l'époque des Paris-Dakar et autres grands cirques médiatiques utilisant l'Afrique comme terrain de jeux pour oisifs sponsorisés à la recherche d'un peu d'adrénaline, ce raid nous paraît presque préhistorique, et la mentalité de l'époque (la France disposait encore de son empire colonial) fait parfois sourire.L'auteur, qui prend la plume au nom de son père et écrit donc à la première personne, nous replonge dans l'atmosphère d'alors et fournit de nombreux détails et des documents (cartes d'époque, beaucoup de photos) fort intéressants (cela commence avant l'expédition proprement dite, qui eut lieu en décembre 1922 - janvier 1923). Les relations ambigües avec les Touaregs notamment sont bien exposées, ainsi que la vénération des prédécesseurs (René Caillié, Charles de Foucauld, et tous ceux, surtout mais pas seulement les Français, qui périrent à l'époque dans les parages). Dans les annexes, on trouve un bref CV (plus long pour les principaux protagonistes, Citroën, Haardt, Audouin-Dubreuil) et des photos des membres de l'expédition, ainsi que des détails techniques sur les véhicules. Cette expédition avait été financée par André Citroën, qui lança ensuite la Croisière Noire et la Croisière Jaune.Comme toujours, on regrette la relecture insuffisante (pas mal de coquilles, telle que "farces" pour "forces", et des approximations : par exemple Camille Douls n'est pas né en 1844, mais en 1864). Ces précautions prises, on peut recommander ce livre, surtout d'un point de vue documentaire, plus que littéraire.

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